La publication du rapport de la Mission d’information parlementaire sur les causes et conséquences de la baisse de la natalité en France marque une étape importante dans le débat public. Lancée en juillet 2025, la mission a mené une cinquantaine d’auditions et entendu plus d’une centaine d’acteurs – universitaires, professionnels de santé, représentants du secteur de la petite enfance, associations familiales – témoignant de la gravité et de la transversalité de l’enjeu démographique.
Dans un contexte de baisse continue du nombre de naissances, cette initiative parlementaire constitue une prise de conscience bienvenue : la natalité n’est pas un sujet marginal, mais un enjeu structurant pour l’avenir économique, social et culturel du pays. Le rapport reconnaît que la politique familiale française ne souffre pas tant d’un manque de moyens que d’un manque de cohérence et de lisibilité à long terme. Constat auquel les récentes études du CESOF se sont attachées à manifester l’impact sur la stabilité familiale et, en conséquence, sur le développement des personnes et de la vitalité collective.
Une politique familiale ambitieuse ne peut se limiter à une addition de dispositifs techniques. Elle doit avoir un objectif clair, permettre aux parents qui souhaitent avoir des enfants de les accueillir et de les élever dans les meilleures conditions possibles. Elle doit lever les obstacles matériels, professionnels et institutionnels qui freinent la réalisation du désir d’enfant.
Les principes mis en avant par la mission vont, à cet égard, dans le bon sens.
Les 37 propositions formulées par le rapporteur apportent des réponses concrètes à plusieurs freins identifiés : accès au logement, modes de garde, articulation entre vie familiale et vie professionnelle, conditions d’accueil de l’enfant à la naissance. Les pistes visant à faciliter l’accès au logement, à renforcer l’attractivité des métiers de la petite enfance ou à mieux prendre en compte la présence des pères au moment de la naissance participent d’une approche globale.
Le défi des modes de garde, dans un contexte de déficit estimé à près de 200 000 places, est notamment abordé avec réalisme. La priorité donnée à la structuration et à la valorisation des métiers de la petite enfance est essentielle si l’on veut restaurer la confiance des parents.
Au-delà des mesures techniques, ce rapport marque avant tout une évolution du regard : il affirme que la politique familiale doit être pensée comme un investissement d’avenir. Lorsque les familles vont bien, c’est la société tout entière qui en bénéficie. Une société capable d’assurer l’accueil et le développement harmonieux de ses enfants est une société qui prépare sa prospérité et sa cohésion futures.
Le CESOF se réjouit de cette dynamique et entend poursuivre ses travaux pour contribuer à la mise en œuvre d’une politique familiale plus cohérente, plus lisible et plus stable. La baisse de la natalité n’est pas une fatalité. Elle appelle une réponse structurée, fondée sur la confiance accordée aux familles et sur la reconnaissance de leur rôle, central dans l’équilibre de notre société.
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